07 septembre 2007

critiques du sprectacle tangos-danse au festival de st-Prex, 24-25 août 2007

Musique de chambre pour danser Piazzolla
Jean-Pierre Pastori – 24h

« Les étoiles d’un ciel d’été, le charme du vieux bourg, un clocher pour fond de décor, l’horloge qui sonne et, recouvrant tout cela, l’élément nostalgie porteno : avec cette soirée piazzolla, le festival de St-Prex a pris, vendredi soir, un bel envol. L’idée de réunir musique, chant et danse était prometteuse ; elle n’a pas déçu. Venu de Fribourg, l’ensemble Triade s’impose décidément comme un excellent interprète de l’œuvre du compositeur argentin. Si l’instrumentation retenue – clarinette, violon, flûte, piano, violoncelle – ne fait pas place au bandoneon, les arrangements n’en rendent pas moins pleinement justice aux pièces originales, dont certaines, d’ailleurs, tiennent davantage de la musique de chambre que de la musique de danse. » … « Tous issus du Béjart Ballet Lausanne, ou de lécole Rudra, les deux chorégraphes de la soirée – Cecilia Mones Ruiz et Mateusz Kowalek – et leurs trois interprètes – Luciana Maria Croatto, Pasquale Alberico, Stéphane Bourhis – n’ont pas mis leurs pas dans ceux d’un Hans van Manen, dont les néoclassiques Five tangos, sur des compositions de Piazzolla précisément, font référence en la matière. Beaucoup plus théâtrales, et parfois acrobatiques, leurs interventions constituent autant de saynètes pour dire leurs élans du cœur, les désirs contrariés et les rivalités qui en découlent. Très opportunément conçu, le programme se concluait en beauté avec la convocation de tous les protagonistes en un Libertango particulièrement enlevé. »

Festival touché par la grâce
Jean-Jacques Gallay – Journal de Morges, 31 août 2007

Muriel Barbery conclut son roman l’élégance du hérisson, grand succès de cet été 2007, par ces mots : « C’est peut-êtr ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n’est plus le même… Un toujours dans le jamais. » Et c’est vrai que, quand vendredi, à la Grand-Rue de Saint-Prex, dans des conditions météos idéales, la pianiste roumaine Atena Carte attaque avec une fougue solennelle la première page du spectacle « Piazzolla et la danse », on chavire aussitôt dans un autre monde. L’horloge a beau égrener, peu après, neuf coups, ou un avion vrombir sournoisement vers Cointrain, vous êtes fait comme un rat, chair de poule et cœur à la chamade, dans l’émotion de la beauté et la poésie. Vous reviennent quelques rares souvenirs semblables : Brel à Beaulieu, Lynda Lemay à Beausobre » ... « Toujours la même magie, comme si les choses trouvaient brusquement une adéquation parfaite aux vieux rêves enfouis en nous, et qu’on vibre dans une sorte de (allez¨osons le mot) fé-li-ci-té. » … « Il y avait tant de monde. La Grand-Rue frémissait comme une cuve en fermentation. La structure transparente, ponctuée de chapelets de projecteurs, n’opposait aucune barrière au rêve. » … « au programme, un medley d’airs d’Astor Piazzolla, le prince argentin du bandoneon et du tango. » … « Interprètes : l’excellent groupe fribourgeois TRIADE. » … « Et, coachés par les chorégraphes Cecilia Mones Ruiz et Mateusz Kowalek, un trio magnifique, Pasquale Alberico, Stéphane Bourhis et Luciana Croatto, tous anciens solistes de Béjart. Grâce à une mise en scène aérée, où les instruments (et même le piano à queue !) changent de place, grâce aussi à une sonorisation exceptionnelle, et de jeux de lumière impliquant certes la scène, mais aussi tout les décor extérieur, la magie perdure au gré des pages purement instrumentales, ou dans tous les passages dansés. Là où se joue l’éternel jeu de l’attirance-rejet du « je te veux – je te chasse » qui dramatise, d’étreintes fougueuses en brutaux abandons, l’âme du tango dans sa quintessence même. Et ça vous laisse un peu sonné sur les pavés de la Grand-Rue. Heureusement, il y a du monde, on boit un verre, on croque un morceau, la vie revient, comme avant. »


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